Fonctionnaires : Zoé Shepard, la « coconne » de l’UMP ?

Tribune publiée par Michaël MOGLIA, membre du Conseil National du Parti Socialiste, sur Rue89 

 

Aurélie Boullet serait-elle masochiste ? On est en droit de se poser la question depuis que l’auteure d’Absolument dé-bor-dée !, devenue célèbre sous le pseudonyme de Zoé Shepard, a repris le travail à la Région Aquitaine. Après une brève suspension de quatre mois, celle qui avait dressé un portrait cruel de ses collègues « Coconne » et « Simplet » (entre autres amabilités) revient profiter de la soupe dans laquelle on l’avait prise à cracher. Bénéficiant d’une indulgence qu’en pareilles circonstances aucun employeur privé ne lui aurait accordée, oubliant ses velléités maintes fois exprimées de démission, Aurélie Boullet replonge dans l’enfer exquis de la fonction publique territoriale. Son supplice sera quelque peu adouci par la perception de ses droits d’auteur – près de 300 000 € soit, pour une fonctionnaire de son rang, l’équivalent de huit années de salaire – et la vente des droits d’adaptation cinématographique de son roman au groupe UGC.

 

On ne doute pas que le film à venir est voué à l’effervescence médiatique et au succès qui, trop souvent, récompensent la démagogie et la facilité. C’est justement ce retentissement populaire (populiste ?) qui fait d’Absolument dé-bor-dée ! bien plus que l’ « innocente plaisanterie » évoquée sur le site littéraire du Nouvel Observateur. Dans un contexte politique de défiance vis-à-vis de l’administration, la publication d’un pamphlet anti-fonctionnaires n’est pas un geste anodin. Bien au contraire, le livre d’Aurélie Boullet vient, de façon indirecte mais puissante, conforter la droite dans sa politique de démantèlement du secteur public.

 

Il n’est pas inutile de rappeler l’empilement des mesures par lesquelles les gouvernements UMP successifs s’en sont pris aux services publics et aux fonctionnaires. La réduction des effectifs de la fonction publique, entamée par les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin, s’est systématisée avec la Révision Générale des Politiques Publiques voulue par Nicolas Sarkozy. Loin d’avoir permis une réduction de la dette publique (évaluée à 63,9% fin 2007, elle s’élève aujourd’hui à 81,5% du PIB), le principe du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux a surtout conduit à un dégraissage qui remet aujourd’hui en cause les missions-clefs de notre République. Au total, ce sont plus de 100 000 postes de fonctionnaires qui ont été supprimés par l’Etat depuis 2005.

 

Au-delà de cette politique d’appauvrissement des services publics, c’est à une attaque en rafale contre le statut des fonctionnaires que s’est consacré Nicolas Sarkozy depuis son élection : remise en cause du droit de grève avec la loi sur le service minimum, remise en cause de la sécurité de l’emploi avec la loi sur la « mobilité des fonctionnaires » (comprendre : licenciement sans indemnité), gel des salaires en 2011… Ces jours-ci, le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale Christian Jacob va jusqu’à proposer de remplacer « l’emploi à vie des fonctionnaires » par des « contrats d’objectifs » (comprendre : CDD) d’une durée maximale de dix ans !

 

Ainsi, par l’accumulation de réformes présentées à chaque fois comme pragmatiques et efficientes, donc difficilement contestables par ceux qu’elles ne visent pas directement, la droite accomplit un patient travail de sape du secteur public. Et c’est précisément parce que ce travail s’effectue de manière graduelle et insidieuse que la défense des missions, des usagers et des agents du secteur public requiert la plus grande vigilance des forces de gauche. Or le climat idéologique qui règne dans notre pays ne pousse pas à la vigilance ; au contraire, il favorise en tous points le travail de la droite.

 

Le discours anti-fonctionnaires n’est pas nouveau en France, et le candidat Sarkozy lui-même le dénonçait en 2006 à Périgueux : « Chercher à faire des fonctionnaires les boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne. Chercher à faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés est injuste. » Pourtant, cette tentation a été largement exploitée par la « droite décomplexée », si bien qu’à force de martèlement, le discours a fini par gagner en légitimité. On tape d’autant plus volontiers sur les fonctionnaires que la nécessité supposée d’une rigueur budgétaire fait passer la défense de leurs droits pour un combat d’arrière-garde.

 

Or, tandis que les suicides chez France Télécom font mesurer l’importance du contenu et de la qualité des emplois, c’est à un nivellement par le bas des conditions de travail que semble appeler cette critique constante des « privilèges ». Ceux-là sont-ils d’ailleurs bien là où on imagine les trouver ? C’est loin d’être évident lorsqu’on considère la forte diminution du pouvoir d’achat des fonctionnaires (entre 2003 et 2010, l’inflation a progressé deux fois plus vite que le point d’indice des fonctionnaires) ou encore les écarts de salaires entre les cadres du public et ceux du privé (en moyenne, ces derniers gagnent chaque mois presque 1000 euros de plus que les premiers). Mais ces réalités intéressent peu les libéraux.

 

Voilà en quoi le propos d’Aurélie Boullet est nocif. Par son caractère outrancier, par son ton condescendant, il accélère la diffusion d’une idéologie anti-fonctionnariste qui, naturellement, dégénère en un discours de dénigrement du service public. Le triomphe de la droite, c’est le triomphe d’une pensée amère et simplificatrice que le livre d’Aurélie Boullet contribue à propager en transformant une expérience personnelle, romancée et caricaturée, en un « paradoxe du fonctionnaire » à valeur de règle implicitement générale.

 

La critique constructive est toujours possible, et il serait stupide de vouloir en épargner la fonction publique. Une réflexion sérieuse sur les missions, l’organisation et le devenir de nos administrations est nécessaire. Cependant, le préalable à une telle réflexion est de travailler dans le sérieux, dans la mesure, loin des provocations et de la tentation de l’acharnement. Le succès d’Absolument dé-bor-dée ! a enterré toute réflexion utile sur le service public. C’est à se demander si, en servant naïvement de courroie de transmission aux idées de la droite libérale – à la manière d’un Manuel Valls débordé par sa quête de notoriété – Aurélie Boullet ne serait pas devenue la « Coconne » de l’UMP…

Contribution Thématique 1:

Les signataires de la contribution au 05 Juillet:

Michaël MOGLIA CN, CR  59 - Jérémie MEURISSE 59 -  Julien COLLETTE BF, CM 76 – Paul QUILES M, BN 81 – Charlotte BRUN CN, CR, AM 95 – Henri WEBER DE, BN – Anne GIORDANO BF 59 - Jean-Claude MAURIN  BF 30 – Hélène PARRA SF 59 – Gérard TERROLLE DONJON 71 – Henri VAALADE CF, 26 – Jean GILLET 75 – Luc ASSOUS CM 74 – Jean-Paul LAUNAY 24 – Olivier GAYA CM 59 – Jean-François THOMAS BF,SS 55 – Jean ESTAGER BF,CF 19 – Thierry OCCRE 62 – Chrystelle FERRIER 93 – Patrick STORA 33 – Christian VURPILLOT CN 94 – Damien DELANNOY CF 59 – François GRUSON CM,SS 59 – Patrice BEAUDRY 75 – Robert CESSAC 80 – Jean-Luc SALINAS 66 – Eric LEMAIRE SS 59 – Jean-Luc LEMPEREUR 59 – Roland DEQUIDT BF,CR 59 – Pierre CAILLE BF 73 – Henri LAVIOLE 40 – Olga MEURISSE 59 – Nicolas GOARANT BF 75 – Charles-Henri TERNOIS CF 59 – Stéphane JURANICS 71 – Christophe DOOREMONT CF 62 – Patrice ETAVE 31 – Jérome NOTEBAERT SF 59 – Michel GEKIERE 59 – Jean-Michel NIVET BF 16 – Georges MARTEL CN 19 – Christian DUMINY 59 – Anik GIRARD-GLOBA 93 – Mauricio ESPINOSA-BARRY SF 69 – Alain PIEGAY 21 – David PARISON SF, SS, AM 10 – Paola DE SOUSA BF, CM 02 – Olivier DELAVAL SS, CM 59 – Bernard GILLET CF 04 – Danièle GIZYCKI 59 – Jérôme DEHAYNIN CF, SS – Pascale PAVY CF, CR, AM 59 – Jean BACHELERIE 19 – Patricia HOUEL-DESCHAMPS 27 – Claude LAIGLE 43 – Line SEGURET 84 – Eric FRANQUES 17

L’impôt sur le revenu au coeur de l’Etat nation

Michaël MOGLIA Membre du Conseil National

Le système fiscal d’un pays permet, au-delà de son vernis technique, de se rendre compte très facilement du niveau de redistribution des revenus au sein de sa société. La part de l’impôt direct par rapport à l’impôt indirect, aux taxes parafiscales et autres redevances donne une indication des priorités dégagées par l’Etat collecteur. A ce titre, la répartition de ces différents impôts en France montre que notre pays en ce domaine est l’un des plus inégalitaires d’Europe voire de l’ensemble des démocraties occidentales.

La question de l’inégalité étant une des préoccupations majeures des socialistes, il devient que le Parti propose une nouvelle fiscalité plus en rapport avec l’idée que nous nous faisons d’une société juste. Pour cela nous devons être à contre-courant de la Droite qui entend faire de l’équité une valeur cardinale lui permettant de contrecarrer la valeur d’égalité. Pour nous, socialistes, il est urgent de défendre la valeur d’égalité qui seule peut garantir une implication, avec des droits et des devoirs, citoyenne pleine et entière.

La défense et même le développement de l’impôt sur le revenu est donc une priorité des socialistes au même titre que la défense de l’emploi, des droits sociaux et des libertés publiques.

La contribution présente n’entend pas partir sur des rives technicistes du meilleur taux d’imposition pour «  ne pas faire fuir les riches  » de notre pays, ni même de disserter sur les bienfaits de telle technique d’imposition par rapport à telle autre mais tout simplement de dire en quoi une politique de défense de l’impôt sur le revenu participe d’une véritable politique socialiste. Il est évident que la défense de l’impôt sur le revenu ne suffira pas pour prétendre défendre une fiscalité juste – il conviendrait également de développer un autre impôt indirect qui est l’impôt sur les sociétés – mais elle participe d’un effort de solidarité que chaque citoyen se doit de développer pour faire de notre pays un pays où il fait bon vivre.

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CONTRIBUTION THEMATIQUE 2

Les signataires de la contribution au 05 Juillet:

Michaël MOGLIA CN, CR  59 - Hélène PARRA SF 59 – Christine RENAUDIN-JACQUES SF, CM 21 – Julien COLLETTE BF, CM 76 – Henri WEBER BN, DE – Laurence ROSSIGNOL SN, VPCR, CM 60 – Marie DEROO SS, CG 59 - Anne GIORDANO BF 59 - Emmanuel MAUREL BN, CN 95 – Charlotte BRUN CN, CR, AM 95 – Jean-Claude MAURIN  BF 30 - Gérard TERROLLE DONJON 71 – Henri VAALADE CF, 26 – Olivier GAYA CM 59 - Jean GILLET 75 – Luc ASSOUS CM 74 – Jean-Paul LAUNAY 24 – Jean-François THOMAS BF,SS 55 – Jean ESTAGER BF,CF 19 – Thierry OCCRE 62 – Chrystelle FERRIER 93 – Patrick STORA 33 – Christian VURPILLOT CN 94 – Damien DELANNOY CF 59 – François GRUSON CM,SS 59 – Patrice BEAUDRY 75 – Robert CESSAC 80 – Jean-Luc SALINAS 66 – Eric LEMAIRE SS 59 – Jean-Luc LEMPEREUR 59 – Pierre CAILLE BF 73 – Henri LAVIOLE 40 – Olga MEURISSE 59 – Nicolas GOARANT BF 75 – Charles-Henri TERNOIS CF 59 – Stéphane JURANICS 71 – Christophe DOOREMONT CF 62 – Patrice ETAVE 31 – Jérome NOTEBAERT SF 59 – Michel GEKIERE 59 – Jean-Michel NIVET BF 16 – Georges MARTEL CN 19 – Jérémie MEURISSE 59 -  Christian DUMINY 59 – Anik GIRARD-GLOBA 93 – Mauricio ESPINOSA-BARRY SF 69 – Philippe GONZALEZ DE GASPARD 75 – Alain PIEGAY 21 – Anne-Marie MARTY BF 94 – David PARISON SF, SS, AM 10 – Paolo DE SOUSA BF, CM 02 – Olivier DELAVAL SS, CM 59 – Bernard GILLET CF 04 – Michaël DELAFOSSE AM 34 – Danièle GIZYCKI 59 – Jérôme DEHAYNIN CF, SS 59 – Pascaae PAVY CF, CR, AM 59 – Frédéric FARAVEL BF, SS 95 – Jean BACHELERIE 19 – Patricia HOUEL-DESCHAMPS 27 – Guy TABACCHI SF, CM 75 – Jean-Marc LABORIE SS 91 – Eric FRANQUES 17 – Sébastien AVISSE 59 – Eddy KENDZIORA 59 – Line SEGURET 84 – Claude LAIGLE 43 – Frédérique DESSEINT 59 – Patrick JOBARD 27…

PRISONS:Etat d’urgence

 Michaël MOGLIA Membre du Conseil National

fenetre20barbeles.jpeg«  Maintenu au quartier disciplinaire en dépit de plusieurs actes auto-agressifs, J.L., âgé de 28 ans, s’est pendu le 23 mai 2008 au centre pénitentiaire de Maubeuge (Nord). Il est décédé à l’hôpital le 31 mai 2008.  » Observatoire international des prisons. 5 juin 2008

63838 détenus pour 50746 places parmi lesquels 17339 sont en détention provisoire : voici les tristes chiffres de la situation pénitentiaire aujourd’hui en France.

Les rapports parlementaires, comme ceux des associations qui viennent en aide aux prisonniers, se succèdent sans que la situation n’aille en s’améliorant, bien au contraire. Les députés qui visitent régulièrement les prisons ne cessent de rapporter des conditions de détention indignes et dégradantes. Les condamnations de la France par les commission des droits de l’homme de l’ONU et de l’Union Européenne sont restées lettre morte.

L’urgence d’agir en la matière fait pourtant l’unanimité.

Les conditions de détention sont déterminantes dans la capacité qu’aura le détenu à se réinsérer une fois sorti de prison, chacun s’accordant à dire qu’une réinsertion réussie limite les risques de récidive.

S’attaquer au problème de nos prisons revient à s’attaquer à un problème de société. Les individus qui rentrent en prison ont vocation à en ressortir un jour. Une fois leur dette payée à la société, ils doivent pouvoir y retrouver toute leur place. Les prisons d’aujourd’hui, en mettant à l’écart les individus jugés coupables pour protéger la société, doivent remplir deux missions : punir et réinsérer : la seconde est hypothétique alors que la première s’exerce immanquablement.

Vouloir traiter les problèmes des détenus n’enlève rien à toute l’attention que nous devons porter aux victimes. Ce n’est pas par ce qu’ils ont commis des méfaits, que leurs conditions de détentions doivent leur retirer toute dignité.

Aller en prison pour un détenu ne devrait être que la suppression de sa liberté d’aller et de venir. Or, elle rime encore violences ou intimidations entre détenus, promiscuité, difficulté d’accès aux soins….

Les réponses à apporter se basent sur un constat dramatique simple et qui n’a rien de neuf : surpopulation et conditions indignes d’une démocratie moderne.

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LA GRANDE SOPHIE au pays des Harmonies

LA GRANDE SOPHIE au pays des Harmonies  5016En février 2007, les musiciens de l’Orchestre d’Harmonie de Lille – Fives apprennent par l’intermédiaire de leur nouveau chef, Hervé Brisse, qu’ils sont invités par Gérard Pont, le très sympa directeur des Francofolies, à se produire sur la Grande Scène de La Rochelle à l’occasion de l’édition 2007, soit le 14 juillet dernier.
Les musiciens amateurs reçoivent la nouvelle avec enthousiasme et appréhension. Leur mission : accompagner un artiste.
On leur parle de Bénébar, d’Olivia Ruiz ou encore du chanteur belge Arno… C’est finalement la Grande Sophie qui accepte quasi instantanément cette création proposée par le festival : donner un concert inédit avec les harmonies de Fives et de la Rochelle reprenant six titres de son répertoire et une chanson de Barbara.

Récompensée en 2005 aux Victoires de la Musique, La Grande Sophie a vendu ces dernières années plus de 200 000 albums. Le 14 juillet dernier, une professionnelle et des amateurs se sont donc retrouvés pour un même show devant 10 000 personnes. La Grande Sophie, dans la plus simple expression d’une guitare et d’une voix, accompagnée par un orchestre de plus de 50 musiciens passionnés. Les « cuivres » et les « bois » entremêlés avec puissance à la voix naturelle de la chanteuse…

A un mois et demi de l’échéance, ils ne se connaissaient pas et n’avaient pas encore répété ensemble. D’un univers musical à l’autre, passionné et ouvert, chacun s’est vu prêt à relever le défi.

Hier soir à la salle des fêtes de Lille-Fives avait lieu la soirée de restitution de la création « LA GRANDE SOPHIE au pays des Harmonies ». Le film réalisé par Caroline Béhague « Dans le show business » qui raconte cette formidable aventure humaine et musicale fût diffusé durant la soirée en présence de l’artiste mais aussi de Gérard Pont, d’Hervé Brisse et Alain Betrancourt respectivement Directeur et Président de l’Orchestre d’Harmonie de Lille-Fives, d’Anne Brucy la Directrice Régionale de France 3 NPDC et de Luc Mousseau le responsable de l’antenne. J’ai eu la chance cet été d’assister au concert de La Grande Sophie et c’est avec plaisir et émotion que j’ai vu ce Film Documentaire relatant l’histoire de la Grande Sophie aux pays des harmonies et celle des harmonies dans le Show Business…

Ce beau projet a obtenu une subvention du Conseil Régional d’un montant de 25 000 euros.

LES POISSONS ROUGES

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Les jeunes lions parient sur l’oubli de ce qu’ils ont été pour s’abstraire de leurs responsabilités.

Par Michaël Moglia, membre du conseil national du PS, collectif des socialistes pour le renouveau de la gauche.

tribune parue dans le quotidien le 31 août 2007.

4962.jpgAprès les éléphants, leurs éléphanteaux et la gazelle étaient apparus triomphants au soir même du second tour des élections législatives, les jeunes lions devenus en quelques semaines poissons rouges : pas plus de trois minutes de mémoire.

 Autoproclamés rénovateurs, ils auraient, alors que le processus d’analyse de la séquence écoulée proposé par le premier secrétaire ne fait que débuter, réponse à tous les maux qu’ils auraient eux-mêmes identifiés. Selon de vieilles méthodes éculées consistant essentiellement à parier sur l’oubli de ce qu’ils ont été ou ont défendu il y a quelques semaines encore, ils pensent s’abstraire de leur propre responsabilité. Pour nos poissons rouges, la lourde défaite, quoique logique, de Ségolène Royal, serait due à l’inorganisation du Parti socialiste, à la plupart de ses responsables qui auraient manifesté peu d’entrain à la soutenir et à un programme jugé peu crédible. 

Sur la forme, les «rénovateurs» n’ont pas de mots assez durs contre ceux qui ont animé le parti, ces dernières années, en ayant en ligne de mire principale François Hollande. Pensant qu’une fois de plus la communication peut l’emporter sur le fond, ils multiplient basses attaques, petites phrases et slogans. Il y a quelques jours encore n’est-ce pas Manuel Valls qui souhaitait, sur les ondes d’une radio nationale, curieuse proposition, faire imploser le parti ?

 Le Parti socialiste, tant contourné, méprisé lors de la campagne présidentielle, n’aurait plus aucun crédit à leurs yeux. Nous sommes nombreux et principalement depuis le 21 avril 2002 à avoir mis le doigt sur les dysfonctionnements dont souffre le PS : notabilisation, absence de renouvellement de ses animateurs, décrochage d’avec sa base idéologique. Dommage que ceux qui se veulent aujourd’hui l’avant-garde aient, lors des précédents congrès, systématiquement préféré signer de molles synthèses permettant au premier secrétaire de poursuivre sa tâche. Il est ainsi étonnant de voir Gaëtan Gorce, néorénovateur lui aussi, si virulent aujourd’hui, alors qu’il mit systématiquement toutes ses forces, jusqu’à ce jour, au service de la majorité, contribuant par là même à maintenir le système qu’il dénonce désormais si facilement. 

Réclamant des «têtes» pour mieux y mettre la leur (?), ils n’en sont pas à une contradiction près. Qui, si ce n’est le rénovateur Arnaud Montebourg, permit, en retirant sa candidature lors de l’élection du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, la réélection de Jean-Marc Ayrault, pourtant à ce poste depuis une décennie maintenant ? 

 

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Rejoignez la civilisation!

4951.jpgRenaud avait prêté sa voix à un spot de 30 secondes dénonçant la barbarie de la corrida. Ce spot, voulu par la Société Protectrice des Animaux (SPA) en coopération avec le Comité Radicalement Anti Corrida (CRAC)  et la Fédération des Luttes Anti Corridas (FLAC), ne pourra être diffusé : le BVP refuse de lui accorder son aval.

 « Pourtant trois modifications avaient déjà été apportées afin de se plier aux exigences de cet organisme qui semble perdre toute objectivité quand il est question de corrida » déclare Renaud, qui n’hésite pas à parler de censure.

 A trois reprises en effet la SPA a dû remanier ce spot à la demande du BVP pour ne pas « heurter la sensibilité des plus jeunes ».

 « Avec tout ce que l’on voit à la télévision, le BVP nous prend carrément pour des imbéciles. Protéger la jeunesse ce serait commencer par interdire les arènes aux moins de 15 ans et les soustraire à la violence d’un spectacle de torture et de sadisme. De qui se moque le BVP ? Est-ce réellement un organisme indépendant ? » s’interroge Renaud

 Pour la Présidente de la SPA, Caroline LANTY, « cette affaire est très préoccupante car il est clair que les défenseurs des animaux, parce qu’ils dénoncent des pratiques qui nuisent à certains intérêts économiques, ont de plus en plus de mal à se faire entendre. La position du BVP est difficile à comprendre tant les images montrées ont été édulcorées à l’extrême. Il serait très souhaitable que le BVP ait la sagesse et l’objectivité de revoir sa position et de revenir sur sa décision dans les meilleurs délais »

 Pour celles et ceux qui sont attachés à la liberté d’expression et à la démocratie, la SPA a mise en place une pétition en ligne pour demander au Président de la République et à la Ministre de la Culture et de la Communication, à la fois la diffusion de ce spot et l’interdiction des « spectacles » tauromachiques aux mineurs de moins de 15 ans.

 En effet, la protection des mineurs commence sur le terrain !! Comment peut-on vouloir protéger les enfants et les soustraire aux images violentes si on ne leur interdit pas l’accès à ce « spectacle » particulièrement barbare et cruel ?

 

Après la Présidentielle…

« Pour une gauche décomplexée »

Interview de Michaël MOGLIA, membre du Conseil National du PS et co-animateur du CSPRG

Que t’inspirent les résultats du second tour ?

Beaucoup de tristesse et d’amertume. De tristesse d’abord en pensant à celles et ceux qui souffrent depuis tant d’années de la politique menée par la droite et qui vont être les premières victimes de celle que mènera Nicolas Sarkozy.

Amertume ensuite parce que cette élection, nous ne pouvions pas la perdre. Jamais, nous n’avons eu une droite aussi dure et réactionnaire. Le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin est catastrophique à tous points de vue.

Pourquoi alors la gauche a t-elle perdu cette élection ?

Notre candidate nous a demandé toute liberté d’action, ce qu’elle a eu. Elle a choisi, très souvent de manière déconcertante d’ailleurs, la stratégie à suivre, stratégie qui nous a mené à la défaite que nous connaissons.

Il lui revient de faire l’analyse et de tenter d’expliquer pourquoi l’échec est aussi cuisant. Pour pouvoir mener ce travail d’analyse, il faudrait d’abord qu’elle réalise que nous avons perdu. Au vu des images télévisées qui ont suivi l’annonce des résultats, je ne suis pas certain qu’elle en ait pris conscience.

Beaucoup ont été surpris, justement, par son attitude hier soir, comment l’interprètes-tu ?

Je ne sais pas si cette attitude correspond à cette nouvelle façon de faire de la politique qu’elle a tant défendue mais, pour ma part, j’ai trouvé cela décalé. La défaite est lourde, sévère, cruelle pour les plus faibles. Il n’y avait donc aucune raison de sourire en tenant des propos qui, il faut bien le dire, n’étaient pas à la hauteur de l’événement. Si l’on pense réellement, comme elle l’a répété ces derniers jours, que « Sarkozy est une menace pour la République », alors la situation exigeait un peu plus de gravité.

Quelles sont, selon toi, les raisons de la défaite ?

Les raisons sont nombreuses. Il y a celles qui touchent d’abord à la stratégie : incapacité à rassembler son parti, incapacité à rassembler les électeurs de la gauche en pratiquant « la danse du centre », incapacité encore à créer une dynamique d’entre deux tours.
Les raisons de fonds ensuite. Sous couvert de modernité, Ségolène Royal a défendu des thèmes inhabituellement défendus avec tant d’ardeur à gauche (l’encadrement militaire, la réhabilitation de la valeur travail, l’ordre juste, la stratégie du gagnant–gagnant, l’immigration au cas par cas..). A sa manière, Ségolène Royal a participé à la droitisation de cette campagne comme Lionel Jospin l’avait fait en 2002 sur les questions de sécurité. Et comme d’habitude, à force de vouloir séduire sur sa droite, on perd sa gauche sans pour autant gagner une seule voix de l’autre côté.

Comment envisages-tu l’avenir du Parti SocialIste ?

Il faut d’abord et de toute urgence que le Premier Secrétaire retrouve toute son autorité. Notre parti a, à travers lui, été trop souvent méprisé durant cette campagne.

Au nom de la liberté de la candidate, le parti a laissé dénaturer son projet : de la généralisation des 35 heures, nous sommes passés à une vague discussion avec les partenaires sociaux ; de l’abrogation des Lois Fillon, à une simple remise à plat. D’autres réponses ou propositions comme celles relatives à notre politique énergétique, à l’immigration ou encore à l’Europe, ont été soit vidées de leur sens, soit édulcorées.

Sur la question des alliances, le parti a, là aussi, été méprisé et placé devant le fait accompli puisque Ségolène Royal a décidé, seule, l’entrée possible de ministres UDF dans un futur gouvernement, allant jusqu’à envisager publiquement de nommer François Bayrou Premier ministre.

Alors selon toi, il suffirait de redonner toute son autorité au Premier Secrétaire ?

C’est un préalable. A quoi sert le Parti Socialiste, à quoi sert le collectif, si chacun est libre, sitôt désigné, de faire ce que bon lui semble ?

Si l’attitude d’Eric Besson, les attaques de Claude Allègre ou les déclarations concernant l’alliance avec le centre de Bernard Kouchner ou Michel Rocard trois jours avant le premier tour, témoignent bien du peu d’intérêt qu’ils portent au collectif, cela montre aussi que notre parti aujourd’hui, dans son fonctionnement, rencontre de graves problèmes qu’il aura à régler rapidement.

Quelles sont selon toi désormais les trois priorités ?

L’actualité maintenant, c’est de gagner les élections législatives. Pour cela, il ne faut pas reproduire localement les erreurs de la campagne présidentielle. Il faut se présenter aux électeurs en tenant un discours clairement de gauche. C’est la seule stratégie gagnante. L’attitude de celles et ceux qui ont déjà acté la défaite est indécente. Il faut qu’il y ait un véritable contre-pouvoir, cela passe par l’élection d’un maximum de députés. Il faut ensuite faire le bilan de la campagne sans tabou, sans langue de bois, en évitant qu’une nouvelle chape de plomb ne s’abatte sur le parti.

Le bilan du 21 avril 2002 n’a pas été permis, pas plus que celui de la victoire du Non qui a vu, le 29 mai 2005, le PS en décalage avec les deux tiers de son électorat. Aurons-nous, cette fois-ci, le courage de mener l’analyse à son terme ? Ce travail sera d’autant plus difficile que les rénovateurs d’hier, ceux qui depuis le congrès de Dijon incarnaient un espoir de changement au sein du PS, ont pour la plupart abandonné le combat, menant une campagne jusque-boutiste bien souvent en décalage avec ce qu’ils défendaient il y a encore quelques mois.

Il faut enfin rassembler au plus vite toute la gauche sur des bases clairement redéfinies. Cela passe par la création d’un parti de gauche, redonnant espoir à notre électorat, un parti décomplexé qui n’ait d’autre but que de changer la vie.


Michaël MOGLIA est Conseiller Régional
du Nord - Pas de Calais,
membre du Conseil National du Parti Socialiste